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vendredi 19 octobre 2007

Un petit bout de Cooper

Un après midi, Alice s'occupe du bébé de sa copine. Maman avait un rendez vous et il était préférable pour bébé de squatter chez Alice pendant ce temps.
Alice dépose bébé dans son grand lit, chez elle, et bébé s'endort.
Alice, en admiration devant ce petit bout, se sent toute apaisée, zen, et se surprend à penser que finalement, elle pourrait très bien, elle aussi, avoir un petit bébé.
L'image de paix que dégage cette scène angélique la touche au plus profond de son être.
Elle plane totalement quand soudain, un bruit extérieur l’enlève à sa rêverie et elle s’aperçoit que sur son écran, une page remplie de mots s’est affichée.
A peine surprise, elle relit en fait ses propres mots :

« Cooper,
Ta vie semble un peu complexe. Je l'ai su avant même que tu n'aies eu le courage d'en faire allusion et je comprends que tu aies eu une vie avant de me rencontrer. Mais il est de plus en plus évident que malgré les frontières qui nous séparent, je t'aime et tu m'aimes.
De cet amour, il ne peut qu'en ressortir du bonheur, des rires, peut être des larmes mais surtout, la base d'une histoire qui peut aboutir, si tu fais les choses convenablement, sur un avenir merveilleux.
Une chose est sûre, c'est que je veux de tout mon cœur m'investir dans une relation de couple avec toi mais je veux également donner la vie.
Un petit être qui soit à la fois toi et moi, moi et toi, nous.
Parce que toi. Parce que mon amour pour toi mais en fin de compte surtout parce que moi.
Parce que j'ai de l'amour à donner, parce que ce trop plein me pese, parce que je veux partager et recevoir de la chaleur, de l'amour sincère, viscéral, maternel.
Je veux, j’espère, je prie les dieux, diables et autres créatures inimaginables pour que tu envisages notre histoire de la même manière car c'est toi que j’ai choisi comme ami, amant, et père de mes enfants.
C'est toi, et rien que toi.
Et tant pis si à l’heure ou tu lis ceci j’ai forcé le destin, tant pis si j’ai défié nos mœurs.
Ce qui est indéniable c'est que l'enfant que je viens de mettre au monde c'est bien toi, c'est bien moi, c'est simplement nous. »

A la lecture de ces mots, Alice savait ce qu'elle devait faire! Elle lui remettrait cette lettre après l’arrivée de l’enfant. Là il serait prêt.

lundi 1 octobre 2007

Rose

Rose est une jeune femme pas trop idiote mais pas super érudite, pas spécialement jolie, mais pas moche non plus.
On ne se retourne pas sur elle lorsqu’elle traverse la rue, on ne la connait même pas.
D’ailleurs, elle n’a pas d’amis.
Ca fait 20 ans que Rose est ignorée.
Elle est née, fille parmi 7 autres filles, comme les autres. Avec son tempérament calme et posé, elle n’a jamais attiré l’attention sur elle, pas de bêtises, pas d’extravagance, aucune particularité, sauf le fait qu’elle soit complètement invisible.

Un jour, Rose en a gros… Les garçons ne la voient pas, et quand bien même ils ne s’en souviennent pas. Dur ! Elle en a vraiment gros…
Il lui faut agir. Et très vite. Après trois boutiques, un relooking complet et cinq bouquins de ‘je combats mon manque de confiance en moi’, Rose est métamorphosée.
Enfin, elle n’est plus la même intérieurement en elle-même, de dehors, ce n’est pas flagrant.

Le regard des autres ne change pas, seule sa vision d’elle de elle est différente. Alors, elle attaque.
« Si on ne me voit pas, je peux faire ce que je veux, ou je le veux, quand je le veux et avec qui je veux » se dit elle.
Et elle s’exécute.
Elle chante, elle danse, au beau milieu de la route, dans les rayons de la superette, à la cantine, partout. Elle rit, elle hurle, elle chahute les gens, embrasse a tour de bras les beaux garçons.
Et petit à petit, les rumeurs se lèvent, Rose prend de la contenance. Et ca lui plait.

« Continuons, je m’amuse vraiment bien pour une fois » pensa t elle.
Et tous les midis, entre le place du village et le soleil de plomb, on peut voir une jeune fille qui tourne, sautille, danse, à en perdre la tête.
Et les curieux s’approchent, les grenouilles se signent, les jeunes hommes enlèvent leur t-shirt et boivent du cola light et les femmes crient à la diablesse.

Les femmes et ses propres sœurs la jalousent, la maudissent, la trainent dans la boue. Alors Rose, qui ne se laisse plus faire, de temps en temps vole un mari, affole un fils, raconte des histoires aux jeunes filles. Ce qui rend les femmes et mères hystériques.
La hache de guerre est déterrée, le mot et lâché, la chasse à la sorcière est ouverte.
Elles vont la tondre, la bannir, la bruler.

Rose, victime de son audace, devrait se cacher. Mais elle n’en fera rien.
Toute sa courte vie, personne ne l’avait remarqué, désormais, martyre ou sorcière, elle marque les esprits. Et c’est bien là sa victoire.